Réflexion
Trouver un psychothérapeute francophone à Londres
Londres compte environ 400 000 résidents français. Par la plupart des mesures, c’est la sixième plus grande ville française au monde. Et pourtant, pour beaucoup de ces 400 000 personnes, trouver un soutien psychologique dans leur propre langue reste étonnamment difficile.
Ce n’est pas simplement un inconvénient pratique. Cela touche quelque chose de plus fondamental sur ce qu’est la thérapie et ce qu’elle exige.
Ce qui change lorsqu’on travaille dans sa deuxième langue
La plupart des expatriés français à Londres parlent bien anglais. Beaucoup le parlent couramment. Dans les contextes professionnels et sociaux, cela est entièrement suffisant. Dans une salle de thérapie, c’est une autre affaire.
La thérapie fonctionne par le langage – pas seulement son contenu, mais sa texture. Les mots qui viennent en premier quand quelque chose est difficile. Les formulations qui capturent un sentiment précisément plutôt qu’approximativement. Les souvenirs d’enfance qui existent en français parce que c’est la langue dans laquelle ils ont été formes.
Les patients qui travaillent dans leur deuxième langue rapportent souvent une distance subtile mais persistante avec le matériel le plus important. Ils se retrouvent a traduire l’expérience avant de l’articuler. Les émotions qui sont nuancées et spécifiques en français deviennent plus ternes en anglais. Les rêves – que la thérapie utilise souvent directement – sont presque toujours rêves dans la langue d’origine.
Rien de tout cela ne rend la thérapie en anglais impossible. Mais cela peut la ralentir considérablement, et cela peut laisser certaines choses perpétuellement hors de portée.
Les pressions particulières de l’expatriation
S’installer à Londres, même pour ceux qui le choisissent librement et s’en réjouissent, exerce des pressions spécifiques sur la vie psychologique.
La perte des structures sociales familières est rarement reconnue directement. Le réseau de relations qui absorbe ordinairement le stress – la famille, les amis de longue date, la texture d’une ville familière – n’est plus immédiatement disponible. Les exigences administratives et pratiques de l’installation dans un nouveau pays consomment une énergie qui irait autrement vers le maintien de l’équilibre.
Il y a aussi la question de l’identité. Le moi qui existait en France – avec sa position sociale particulière, ses façons d’être connu, ses références culturelles – ne se transfère pas proprement. Beaucoup d’expatriés se trouvent dans une période de reconstruction qu’ils n’avaient pas anticipée, en plus de la construction pratique d’une nouvelle vie.
Lorsque cette reconstruction coïncide avec d’autres difficultés – tensions relationnelles, pression professionnelle, deuil, traumatisme, ou un schéma psychologique de longue date que le changement de contexte a perturbé – le besoin de soutien devient urgent. Ce soutien est plus efficace lorsqu’il ne requiert pas de traduction supplémentaire.
EMDR et traumatisme en français
Pour les patients qui traversent un traumatisme – qu’il soit lié à l’expatriation ou antérieur à celle-ci – l’EMDR est disponible en français. Les souvenirs traumatiques sont encodés dans la langue dans laquelle ils ont été vécus. Travailler en français dans ce contexte n’est pas un détail : c’est souvent la différence entre atteindre le matériel et tourner autour.
La thérapie en ligne en français
Pour ceux qui viennent d’arriver à Londres, ou qui sont encore en France et préparent un déménagement, la thérapie par liaison vidéo sécurisée est disponible. De nombreux patients commencent en ligne et passent aux séances en personne une fois qu’ils sont établis à Londres.
Faire un premier pas
Une consultation initiale est une opportunité de parler à quelqu’un qui comprend le contexte clinique et culturel – sans traduction, sans approximation.
Les consultations en français sont disponibles à Harley Street W1, Central London W1T et en ligne.