La codépendance et l’addiction coexistent rarement de façon isolée. Dans la pratique clinique, elles apparaissent ensemble avec une telle constance que comprendre l’une exige presque toujours de comprendre l’autre. Pourtant, elles tendent à être traitées séparément : la personne souffrant d’addiction reçoit un traitement, tandis que le proche — le partenaire, le parent ou l’ami qui a organisé toute sa vie autour de cette addiction — reste largement sans réponse thérapeutique. C’est une lacune clinique aux conséquences significatives.
La codépendance est l’un des schémas psychologiques les plus difficiles à reconnaître en soi-même — non pas parce qu’il est subtil, mais parce que beaucoup de ses manifestations ressemblent à des qualités. Être attentionné, être loyal, être disponible, passer les autres en premier : ces comportements ne sont pas immédiatement identifiables comme un problème. La difficulté réside généralement dans leur qualité compulsive plutôt que dans leur contenu. Des soins qui ne peuvent pas s’arrêter. Une aide qui cause du tort. Un soi qui existe presque entièrement en relation aux autres.
La codépendance affective est un schéma relationnel dans lequel une personne organise son identité, sa valeur personnelle et sa stabilité émotionnelle autour d’une autre — de ses besoins, de ses humeurs, de ses crises ou de son bien-être — au détriment des siens. Ce n’est pas simplement aimer quelqu’un fortement ou s’investir dans une relation. C’est une forme compulsive de prise en charge dans laquelle le soi se perd progressivement au profit de l’autre.