Addiction et psychothérapie — pourquoi les AA seuls ne suffisent pas toujours
Je suis en rétablissement à long terme d’une addiction. J’ai fréquenté des réunions des Alcooliques Anonymes. J’ai été formé à la Hazelden Foundation. J’ai supervisé les équipes cliniques de PROMIS Recovery Centre et Cardinal Clinic. Et j’ai, en 25 ans de pratique clinique, observé des personnes tenter de se rétablir d’une addiction grave en utilisant uniquement le programme en douze étapes, sans psychothérapie, et j’ai vu ce que cela produit.
Le programme en douze étapes sauve des vies. Il offre une structure, une communauté, un ensemble de pratiques et un cadre de sens qui, pour beaucoup de personnes, rend possible un rétablissement durable. Je ne m’y oppose pas.
Je soutiens qu’il ne s’agit pas de psychothérapie, et que lui demander de faire ce que fait la psychothérapie — tout en refusant la psychothérapie — produit, pour une proportion significative de personnes en rétablissement, un résultat décrit comme la sobriété mais qui est, plus précisément, une abstinence sous tension.
Ce que montrent les preuves
Le Recovery Research Institute a publié une revue complète de la recherche sur le traitement résidentiel par rapport au traitement ambulatoire. Sa conclusion est frappante : certaines études ont conclu que les personnes qui suivent des programmes ambulatoires intensifs s’en sortent aussi bien que celles en traitement résidentiel. Les preuves que le traitement résidentiel produit de meilleurs résultats sont plus faibles que ce que le consensus clinique suggère.
Ce que le programme en douze étapes fait et ne fait pas
Le programme offre structure, communauté, responsabilité, parrainage et un cadre incluant une dimension spirituelle. Pour beaucoup de personnes, ce cadre est transformateur.
Ce qu’il n’offre pas — et n’a jamais été conçu pour offrir — c’est une exploration des conditions psychologiques qui ont donné naissance à l’addiction. L’histoire traumatique. Les schémas d’attachement. La fonction psychologique spécifique que la substance ou le comportement remplissait.
« J’ai travaillé avec des personnes qui avaient cinq ans de sobriété grâce aux AA et qui étaient, à bien des égards importants, toujours complètement organisées autour de l’addiction. La substance avait disparu. Ce qui les avait poussées vers la substance — la terreur, la honte, l’état intérieur insupportable — était toujours entièrement intact. Le programme leur avait donné un moyen de ne pas reprendre. Il ne leur avait pas donné un moyen de vivre. » — Philippe Jacquet
Le travail psychologique que nécessite le rétablissement
Le rétablissement exige de traiter ce que faisait l’addiction. Chaque addiction remplit une fonction — elle gère un état intérieur que la personne ne pouvait pas gérer autrement. Comprendre cette fonction, de façon spécifique, est le début de la construction de quelque chose pour la remplacer.
C’est de la psychothérapie. Je propose un traitement ambulatoire intensif sur mesure comme alternative à la cure résidentielle — le même niveau de travail clinique, tandis que la personne reste dans sa vie.