Combien de temps dure une psychothérapie ?
C’est l’une des premières choses que les gens demandent. Combien de temps cela va-t-il prendre ? Quand est-ce que je me sentirai mieux ? Y a-t-il un programme, un protocole, un point de fin défini ?
Ce sont des questions légitimes. Elles méritent une réponse honnête, pas une réponse rassurante.
La réponse courte
Cela dépend — de ce pour quoi vous venez, de la profondeur du travail, et de ce que vous entendez par aller mieux.
Les interventions brèves — typiquement 6 à 20 séances — disposent d’une base de preuves solide pour des présentations spécifiques : un épisode de dépression légère à modérée, une réponse anxieuse délimitée, un facteur de stress récent et identifiable.
Pour la plupart des présentations que je vois à Harley Street — trauma complexe, addiction de longue date, troubles alimentaires aux racines psychologiques profondes, schémas relationnels qui se jouent depuis des décennies — une thérapie brève est rarement adéquate.
Ce que montre la recherche
La méta-analyse de Cuijpers et al. (2024) dans World Psychiatry a trouvé des effets significatifs pour de nombreuses présentations, mais a mis en évidence que les taux de réponse varient considérablement. Pour les conditions complexes et chroniques, les résultats des interventions brèves sont significativement plus faibles.
Le travail analytique jungien a été étudié dans une série d’études naturalistes. Une revue de Roesler a conclu que la psychothérapie jungienne produit des améliorations significatives des symptômes, des difficultés interpersonnelles et de la structure de la personnalité — stables jusqu’à six ans après la fin du traitement. Une étude de 2025 de Roesler et al. dans Research in Psychotherapy a confirmé ces résultats. La durée moyenne de traitement était d’environ 90 séances.
La question sous la question
Ce que le travail en profondeur offre en retour n’est pas une réduction des symptômes sur une base temporaire. C’est un changement structurel — dans la façon dont une personne se rapporte à elle-même et aux autres, dans les schémas qui ont organisé sa souffrance.
« J’ai des patients avec qui j’ai travaillé pendant des années. J’en ai aussi eu pour qui un travail ciblé sur six mois était exactement ce qu’il fallait. La durée de la thérapie n’est pas un indicateur de la profondeur de l’engagement. C’est une question clinique — et la réponse honnête change d’une personne à l’autre. » — Philippe Jacquet