Le coût de la thérapie — et à quoi sert vraiment vos frais d'annulation
La thérapie n’est pas bon marché. Philippe Jacquet ne prétendrait pas le contraire. Mais il y a une question qui vaut la peine d’être posée avant de conclure que la thérapie est trop chère : comment évaluez-vous votre santé mentale ?
La thérapie n’est pas bon marché. Philippe Jacquet ne prétendrait pas le contraire. Mais il y a une question qui vaut la peine d’être posée avant de conclure que la thérapie est trop chère : comment évaluez-vous votre santé mentale ?
Philippe observe, sans jugement, que certaines personnes qui lui disent que la thérapie coûte trop cher arrivent en séance avec un nouvel iPhone. Ce sont des investissements dans le visible, le matériel. L’invitation est d’appliquer la même volonté à quelque chose qui ne peut pas être photographié mais qui façonne tout : la vie intérieure.
Les frais d’annulation — à quoi servent-ils vraiment
Premièrement : le cabinet est un groupe de personnes. Quand une séance est annulée sans préavis suffisant, ce créneau ne peut pas être rempli. Les frais d’annulation maintiennent le cabinet pour tout le monde.
Deuxièmement — et c’est l’insight clinique le plus important : les patients ont tendance à annuler précisément quand ils sont sur le point d’atteindre quelque chose de réel. La douleur recède temporairement. Ils reviennent la semaine suivante en se sentant mieux. Mais le matériel vif qui faisait surface s’est dissipé.
Ne quittez pas la pièce cinq minutes avant le miracle.
Ce que « je n’ai pas les moyens » signifie parfois
Quand quelqu’un dit je n’ai plus les moyens de la thérapie, il vaut la peine d’écouter ce qui est dit en dessous des mots. Souvent, c’est une question de ressources internes plutôt qu’externes. Un manque de volonté de s’engager avec soi-même à un niveau plus profond.
Vingt-cinq ans d’investissement
Philippe Jacquet est lui-même en analyse depuis plus de vingt-cinq ans. Il a sacrifié un nombre considérable de vacances — non par obligation, mais par compréhension de ce que requiert un véritable investissement dans la santé mentale.
Son expérience a produit une façon différente de penser le repos. Plutôt que de travailler cinquante semaines par an dans une vie qui semble insatisfaisante, et de s’en échapper deux ou trois semaines — la question est de savoir s’il est possible de construire une vie qui n’a pas besoin d’être fuie.
Des vacances mentales. Pas deux semaines par an. Chaque jour.
« Quand quelqu’un me dit qu’il n’a plus les moyens de la thérapie et réserve ensuite des vacances coûteuses, je ne le juge pas. Mais je remarque quelque chose. Sur un plan symbolique, il dit : je peux me permettre de quitter ma vie. Je ne peux pas me permettre de la regarder. J’ai été en analyse pendant vingt-cinq ans. J’ai sacrifié beaucoup de vacances. Ce que j’ai gagné, c’est une vie dont je n’ai pas besoin de m’échapper. » — Philippe Jacquet
Prendre rendez-vous avec Philippe Jacquet — psychothérapeute et analyste jungien, Londres.