TCC — ce qu'elle peut et ne peut pas faire
Philippe Jacquet n’est pas un critique de la thérapie cognitivo-comportementale de l’extérieur. Il s’est formé à la thérapie comportementale émotionnelle rationnelle au début des années 2000, et a passé du temps dans un monastère bouddhiste où la pleine conscience — centrale dans la troisième vague de la TCC — était intégrée à la vie quotidienne.
Philippe Jacquet n’est pas un critique de la thérapie cognitivo-comportementale de l’extérieur. Il s’est formé à la thérapie comportementale émotionnelle rationnelle au début des années 2000, et a passé du temps dans un monastère bouddhiste où la pleine conscience — centrale dans la troisième vague de la TCC — était intégrée à la vie quotidienne.
Pourquoi la TCC est recommandée
La TCC est la forme de thérapie par la parole la plus recommandée au monde, et il y a de bonnes raisons à cela. Elle est structurée, limitée dans le temps, et produit des résultats mesurables. Pour des présentations spécifiques — phobies, trouble panique, certaines formes de dépression et d’anxiété — la base de données probantes est solide.
La limitation — le déplacement de symptômes
Une patiente est venue voir Philippe Jacquet pour une boulimie. Il lui a demandé si elle avait déjà eu une thérapie auparavant. Oui, a-t-elle dit. Une TCC. Une expérience extraordinaire. Ça l’avait vraiment aidée.
Sa première pensée fut pratique : pourquoi ne pas retourner voir ce thérapeute ? Retraité. Puis une autre question : pour quoi était-elle venue initialement ?
L’anorexie.
Philippe la regarda. Mais il ne vous a pas traitée, dit-il. Ce que vous décrivez, c’est une mutation du trouble.
La TCC avait traité l’anorexie — les comportements spécifiques, les pensées qui les maintenaient. Ce qu’elle n’avait pas atteint, c’était la structure sous-jacente : la relation à la nourriture comme forme de contrôle, l’utilisation du corps pour gérer l’identité. Cette structure était restée intacte. Elle avait trouvé une nouvelle expression. L’anorexie était devenue boulimie.
Quand le déplacement est un progrès — et quand il ne l’est pas
Ce n’est pas toujours un échec. Considérez la personne avec une agoraphobie sévère. La TCC l’aide jusqu’à ce qu’elle puisse sortir. Le symptôme se déplace : maintenant elle a peur de l’avion ou du métro. Elle a gagné beaucoup plus de liberté. C’est réel.
Mais l’anxiété a relocalisé, pas résolu. La question est honnête : est-ce que je cherche à gérer le symptôme, ou à comprendre et changer ce qui le produit ?
« La TCC a une vraie valeur — je m’y suis formé, je la respecte. Mais j’ai été assis avec une patiente qui m’a dit que sa TCC précédente avait été extraordinaire. Elle était venue pour l’anorexie. Elle était assise en face de moi avec la boulimie. La thérapie avait fonctionné. Le trouble avait simplement bougé. Ce n’est pas la même chose que guérir. » — Philippe Jacquet
Prendre rendez-vous avec Philippe Jacquet — psychothérapeute et analyste jungien, Londres.