L'anima et l'animus en psychologie jungienne
Dans la psychologie jungienne, l’anima et l’animus sont les figures contrasexuelles intérieures de la psyché – la dimension féminine dans la psychologie d’un homme, et la dimension masculine dans celle d’une femme. Ce ne sont pas de simples concepts abstraits. Ce sont des presences vivantes dans le monde intérieur, avec leur propre caractère, leur charge émotionnelle et leur potentiel de développement.
Parmi toutes les contributions de Jung, l’anima et l’animus sont parmi les plus cliniquement observables – et les plus couramment mal compris.
L’idée de base
Jung a proposé que la psyché contient des dimensions à la fois masculines et féminines, indépendamment du sexe biologique ou de l’identité de genre de l’individu. La partie qui resté non développée ou inconsciente – la dimension qui n’a pas été intégrée dans la personnalité consciente – prend une vie propre dans l’inconscient profond.
Pour un homme, c’est l’anima : l’aspect féminin de sa psychologie qui porte des qualités telles que le sentiment, la relation, l’imagination et la capacité de profondeur. Pour une femme, c’est l’animus : l’aspect masculin qui porte des qualités telles que le logos, la directivité, le jugement et la capacité d’affirmation focalisée.
Ceux-ci ne sont ni simples ni fixés. L’anima n’est pas la féminité telle qu’une culture la définit. L’animus n’est pas la masculinité telle qu’une culture la définit. Ce sont des structures fonctionnelles de l’inconscient qui portent ce qui a été le plus exclu du développement conscient.
Comment ils se manifestent
L’anima et l’animus sont le plus visibles dans la projection. Lorsqu’un homme tombe amoureux avec une intensité inhabituelle – lorsqu’une femme particulière semble porter une qualité qu’il ne peut nommer, quelque chose de lumineux ou d’essentiel qu’il sent avoir besoin – il vit très souvent l’anima projetée vers l’extérieur. Elle porte, au moins initialement, l’image de sa propre féminité intérieure.
C’est pourquoi le début de l’amour romantique a une qualité si distinctive. Ce n’est pas simplement de l’attirance. C’est de la reconnaissance – le sentiment d’avoir trouve quelque chose. Ce qui a été trouve est en partie réel (la personne réelle) et en partie une image intérieure superposée sur elle.
Le même processus opère en sens inverse pour l’animus. Une femme peut être puissamment attire par un homme qui incarne des qualités qu’elle n’a pas encore développées en elle-même – l’autorité, la directivité, la confiance intellectuelle. Ou elle peut se trouver en conflit avec des hommes d’une manière qui a la charge particulière d’un conflit interne, pas simplement externe.
Les niveaux de développement
Jung a décrit l’anima et l’animus comme se développant à travers des étapes successives. L’anima passe de sa forme la plus primitive – capricieuse, irrationnelle, séductrice et destructrice – vers son expression la plus élevée en tant que guide vers la vie intérieure et pont vers le Soi. L’animus se développe de sa forme la plus rigide – opiniâtre, argumentatif et guide par des principes fixés – vers son expression la plus élevée en tant que capacité de créativité spirituelle et intellectuelle genuines.
Ce ne sont pas des stades moraux. Ils décrivent dans quelle mesure la dimension contrasexuelle a été intégrée à la conscience, et dans quelle mesure elle reste autonome et projetée.
Dans les relations
Une grande partie de ce qui crée les difficultés les plus intenses dans les relations à long terme à à voir avec l’anima et l’animus. Lorsqu’une relation s’approfondit et que les projections initiales commencent à s’amincir, les partenaires sont de plus en plus confrontés à l’autre personne réelle plutôt qu’a l’image intérieure qu’elle portait initialement. Cette transition – de l’être aime comme écran de projection à l’être aimé comme être humain distinct – est l’un des passages les plus importants et les plus difficiles de la vie psychologique adulte.
Lorsqu’il se passe mal, la relation se fracture. Lorsqu’il se passe bien, il devient le terrain d’un amour différent et plus réel – moins idéalisant, plus honnête, et plus capable d’une rencontre genuine.
Travailler avec l’anima et l’animus en analyse
Dans l’analyse jungienne, prêter attention à l’anima ou à l’animus fait partie du travail d’individuation. Les signes cliniques sont souvent visibles dans l’ombre, dans les rêves, dans l’intensité des projections, et dans les façons caractéristiques dont une personne se déstabilisé ou s’enfle.
L’objectif n’est pas de devenir androgyne ou de dissoudre toute différenciation. C’est de prendre conscience de ce qui a été projete, de commencer à retirer la projection, et de développer une relation avec la dimension contrasexuelle de la psyché qui est interne plutôt que dépendante d’un porteur externe.
Ce processus, lorsqu’il avance, change la qualité de toutes les relations. Il n’elimine pas la possibilité de tomber amoureux. Il change ce que signifie tomber amoureux, et ce que cela peut devenir.
Les consultations initiales sont disponibles à Harley Street, Central London W1 et en ligne.