La synchronicité
La synchronicité est le terme forgé par Jung pour la coïncidence signifiante : deux événements ou plus reliés non par la cause et l’effet, mais par le sens. On pense à un vieil ami et il appelle l’après-midi même ; une image marquante d’un rêve apparaît dans la vie éveillée le lendemain. Les événements n’ont aucun lien causal, et pourtant leur rencontre semble significative.
Le sens plutôt que la cause
Jung appelait la synchronicité un « principe de connexion acausal ». Ce n’est pas affirmer qu’un événement en a magiquement produit un autre. C’est l’observation que la psyché enregistre parfois une coïncidence comme profondément signifiante, et que ce sens mérite d’être pris au sérieux plutôt que rejeté. La portée tient à la façon dont la chose résonne pour la personne, non à un mécanisme reliant les événements extérieurs.
Pourquoi elle apparaît
Dans l’expérience clinique, les synchronicités se regroupent souvent autour des moments de changement psychique important : un tournant en analyse, une perte, une décision longtemps évitée. Jung suggérait que lorsqu’une chose importante s’agite dans l’inconscient, la frontière entre le dedans et le dehors peut sembler s’amincir, et le monde paraît brièvement faire écho à ce qui se joue à l’intérieur.
« Je ne demande pas à un patient de croire quoi que ce soit au sujet d’une synchronicité. Je lui demande ce qu’elle a signifié pour lui. Le sens, voilà la donnée. »
Philippe Jacquet
En analyse, avec mesure
La synchronicité se prête aux abus : tantôt réduite au simple hasard, tantôt gonflée en superstition. Ni l’un ni l’autre n’aide. En analyse jungienne, ces moments sont accueillis avec discernement : non comme des présages à suivre, mais comme des signaux dignes d’attention, marquant souvent que quelque chose, dans le processus d’individuation, s’est mis en mouvement.
Prendre rendez-vous avec Philippe Jacquet, psychothérapeute et analyste jungien, à Londres.