Le moi
En psychologie jungienne, le moi est le centre de la conscience : le « je » que nous croyons être, la partie de nous qui sait qu’elle existe, décide et se souvient. C’est ce que la plupart des gens entendent quand ils disent « moi ». Un moi stable est nécessaire à une vie ordinaire qui fonctionne, et le construire représente une grande part du travail de la première moitié de la vie.
Le moi n’est pas le tout
La difficulté est que le moi se prend facilement pour la personne entière. En réalité, il n’est qu’un petit îlot conscient dans une psyché bien plus vaste, en grande partie inconsciente. Jung distinguait soigneusement le moi, centre de la conscience, et le Soi, centre de la psyché tout entière. Les difficultés viennent souvent de ce que le moi se croit maître de tout, alors qu’une grande part de ce qui nous meut se produit hors de son regard.
L’inflation et son contraire
Quand le moi s’identifie à l’excès à un rôle, une réussite ou une image de lui-même, Jung parlait d’inflation : la personne devient à ses propres yeux plus grande qu’elle ne l’est, et perd le contact avec ses limites. Le contraire, un moi effondré ou submergé, est tout aussi difficile. La santé ne réside pas dans un moi plus gros, mais dans un moi à la bonne taille : assez solide pour fonctionner, assez humble pour écouter ce qui le dépasse.
« Le moi aime croire que c’est lui qui mène la danse. Une grande part du travail consiste à l’aider à découvrir, sans s’effondrer, que ce n’est pas le cas. »
Philippe Jacquet
En analyse
Une grande part de l’analyse jungienne vise à relativiser le moi : desserrer sa prise juste assez pour que la psyché plus large puisse se faire entendre, à travers les rêves, les symptômes et l’individuation. Le but n’est jamais d’affaiblir la personne, mais de mettre le « je » conscient en relation vivante avec la totalité à laquelle il appartient.
Prendre rendez-vous avec Philippe Jacquet, psychothérapeute et analyste jungien, à Londres.