Troubles Alimentaires et Trauma

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Il y a un moment du développement que tout enfant atteint, lorsque le monde commence à révéler son échelle. Vous êtes petit. Vous avez très peu de maîtrise sur ce qui se passe autour de vous. Cette reconnaissance porte avec elle une anxiété qui est, dans sa forme brute, insupportable.

La résolution ordinaire de cette anxiété est l’idéalisation : si vous pouvez croire, même partiellement, que les adultes autour de vous sont fiables et protecteurs, l’anxiété devient gérable. Vous êtes petit, mais vous êtes entouré de personnes qui ne le sont pas, et qui sont de votre côté.

Quand cette idéalisation n’est pas disponible (quand il y a des conflits, des absences ou de l’imprévisibilité dans la famille) l’enfant fait face à cette anxiété seul. Et seul, il doit trouver quelque chose qui fonctionne.

Ce que fait la nourriture

L’anxiété vit dans le futur, dans la menace anticipée, l’appréhension indéfinissable. Elle ne peut pas être résolue par la pensée, car la pensée se déplace dans la même dimension que l’anxiété.

Mais manger amène une personne dans le présent. La sensation de mettre quelque chose dans la bouche, de mâcher, d’avaler, de goûter : c’est irréductiblement immédiat. Dans le maintenant, où le corps est pleinement occupé par quelque chose de sensoriel et de présent, il n’y a pas de place pour l’anxiété.

C’est ce que fait le trouble alimentaire. Pas à un niveau conscient, la personne ne décide pas d’utiliser la nourriture pour gérer l’anxiété. Le lien se forme tôt, et est renforcé chaque fois qu’il fonctionne. Jusqu’à ce qu’il ne fonctionne plus. Jusqu’à ce que le trouble alimentaire soit devenu le problème plutôt que la solution.

L’EMDR et les troubles alimentaires

L’EMDR a des applications établies dans le traitement des traumatismes, mais aussi dans l’installation de ressources (aider une personne à accéder à des états internes de sécurité) et le développement d’un espace sûr intérieur. Les deux sont pertinents dans le travail sur les troubles alimentaires.

J’utilise l’EMDR dans le cadre d’une relation thérapeutique établie, et non comme une procédure autonome. Savoir ce qu’il peut faire compte. Connaître ses limites compte tout autant.

Ce que le traitement aborde

Le cœur du travail n’est pas la nourriture ou le poids, mais ce que le trouble alimentaire a géré. Quelle anxiété il a résolue. Quelle expérience précoce a façonné le besoin de cette résolution. Et quelles autres ressources (internes et relationnelles) pourraient prendre sa place.

Traitement spécialisé des troubles alimentaires →

Philippe Jacquet est psychothérapeute et analyste jungien basé à Londres avec plus de 25 ans d'expérience clinique.