On me contacte rarement depuis Genève parce que quelque chose s’est effondré. On me contacte parce que la qualité de vie est devenue mauvaise, dans une existence qui, vue de l’extérieur, se passe très bien.
Les institutions, les banques et les missions concentrent une population particulière : des gens expérimentés, compétents, bien rémunérés, et souvent très loin d’où ils viennent. Le travail est exigeant et porteur de sens, le cadre est ordonné, et il n’existe aucune raison visible d’aller mal. Ce qui rend considérablement plus difficile de dire qu’on va mal.
Il y a aussi une raison pratique. Je suis français, et j’ai été formé et j’exerce au Royaume-Uni. Cette combinaison est peu courante : le français comme langue maternelle, avec une accréditation clinique britannique, un doctorat professionnel et vingt-cinq ans de pratique à Londres. Pour quelqu’un qui souhaite faire ce travail en français, mais avec un clinicien entièrement extérieur aux mondes professionnels français et suisse, les options sont rares.
Pourquoi cela remonte souvent tard
Le trauma attend la sécurité. Les gens tiennent remarquablement bien pendant une mission, puis découvrent, six mois après avoir pris un poste au siège, que le sommeil a disparu, ou qu’une chose ordinaire provoque une réaction sans proportion.
Ce n’est pas une aggravation. C’est ce qui arrive lorsque le système nerveux dispose enfin des conditions pour traiter ce qu’il avait dû ajourner.
Ce que fait l’EMDR, honnêtement
Elle travaille sur la mémoire traumatique. Pour un événement délimité, correctement traité, elle peut être remarquablement efficace et parfois rapide. Le souvenir reste accessible mais perd sa capacité à envahir.
Lorsque le trauma a été prolongé, ou a commencé dans l’enfance, le tableau est différent et plus lent. Il n’y a pas un souvenir à traiter. Quiconque promet de régler cela rapidement vend quelque chose.
La confidentialité, qui à Genève est l’obstacle pratique
La communauté internationale genevoise est dense, la communauté clinique restreinte. Être suivi sur place peut signifier être suivi par quelqu’un qui connaît votre organisation ou votre directeur. Pour beaucoup, c’est la raison pour laquelle rien ne se fait.
Rien n’est conservé en Suisse, et rien n’est communiqué à un employeur sans votre accord écrit.
En pratique
Genève est à une heure de Londres. Voir aussi : la thérapie EMDR à Londres.
Psychothérapeute accrédité UKCP et analyste jungien, art-thérapeute enregistré HCPC, vingt-cinq ans de pratique dont plus de vingt en EMDR. Registres britanniques publics et vérifiables indépendamment.
Le Dr Philippe Jacquet est psychothérapeute agréé UKCP, analyste jungien et art-thérapeute agréé HCPC, avec vingt-cinq ans de pratique clinique. Son Doctorat de Pratique Professionnelle à l'Université d'Essex portait sur les troubles alimentaires masculins dans une perspective de psychologie analytique. Ces inscriptions sont vérifiables sur les registres publics.
Comment le travail se déroule à distance
Toutes les séances internationales se font par vidéo sécurisée, en anglais ou en français. La thérapie en ligne n'est pas une version dégradée du travail en cabinet : c'est le format qui permet à un accompagnement hebdomadaire de tenir sur la durée lorsque vous vivez loin, voyagez, ou déménagez. Les séances ont lieu aux heures britanniques, ce qui convient à la plupart des régions ; si votre fuseau horaire rend cela impossible, dites-le lors de votre premier contact plutôt que de renoncer.
Pour les professionnels et les établissements
Le Dr Jacquet assure la supervision clinique d'équipes en centre résidentiel de traitement des addictions et en clinique psychiatrique privée. Pour les centres de traitement, unités psychiatriques et cabinets de groupe cherchant une supervision clinique externe, y compris là où aucun superviseur de ce niveau n'est disponible localement, la supervision d'équipe se fait également par vidéo.
Questions fréquentes
Travaillez-vous avec le personnel humanitaire ?
Oui, et c'est l'une des raisons les plus fréquentes de prise de contact depuis Genève. Rentrer d'une mission dans un bureau où personne n'a vu ce que vous avez vu constitue une difficulté en soi, indépendamment des événements eux-mêmes.
Peut-on travailler en français ?
Oui, et pour le trauma cela compte davantage qu'on ne le croit : le matériel se loge dans la langue où il s'est produit.
Combien de séances faut-il ?
Pour un événement unique, parfois remarquablement peu. Lorsque le trauma a été prolongé ou a commencé dans l'enfance, le travail est plus lent et plus large, et quiconque promet une résolution rapide de cela dépasse ce qui est possible.