À quoi s'attendre de la première séance
Il y a une idée reçue sur la première séance de thérapie qu’il vaut la peine de corriger avant d’arriver.
Ce n’est pas le moment où le thérapeute s’assoit, vous regarde attentivement et commence à vous expliquer à vous-même. Ce n’est pas une révélation.
Une première séance est une évaluation. Des deux côtés.
Ce que la plupart des gens ressentent avant la première séance
L’anxiété est presque universelle. Beaucoup de personnes ont pensé à venir pendant des mois ou des années avant de le faire vraiment. Pour beaucoup, la honte a été la barrière.
La première séance ne demande pas à une personne d’avoir tout compris. Venir suffit. Le reste se développe à partir de là.
Ce que fait le thérapeute
Philippe Jacquet utilise la première séance pour recueillir des informations. Où en est cette personne ? Qu’est-ce qui l’amène ici ? Quels sont ses besoins thérapeutiques, et surtout, est-il la bonne personne pour les satisfaire ?
Il ne prendra pas quelqu’un dans sa pratique s’il ne croit pas être la bonne personne pour lui. Si quelqu’un d’autre pouvait faire un meilleur travail avec cette personne, il le dira et orientera en conséquence.
« Je ne prendrai pas quelqu’un dans ma pratique si je ne crois pas être la bonne personne pour lui. Si quelqu’un d’autre pouvait faire un meilleur travail avec cette personne, je le dirai et orienterai en conséquence. » , Philippe Jacquet
Ce que le thérapeute écoute
Le thérapeute écoute, le contenu de ce qui est dit, mais aussi ce qui n’est pas dit ; les sentiments qui surgissent dans la salle ; la qualité de la relation de la personne avec sa propre expérience.
Ce qu’on pourrait vous demander
- Ce qui vous amène ici maintenant : ce qui a fait de ce moment le moment
- Depuis combien de temps la difficulté est présente
- À quoi ressemble votre vie, le travail, les relations, la forme de vos journées
- Ce que vous espérez, même si vous ne pouvez pas encore l’articuler complètement
La question de l’affinité
Une patiente est venue voir Philippe pour la douleur d’une rupture récente. Son ex-petit ami était belge. Philippe, lui-même belge avec un accent français, lui a demandé directement : mon accent vous pose-t-il une difficulté ?
Elle a commencé à pleurer. Oui, dit-elle. Ça rend la douleur plus insupportable.
Il lui a donné le choix, l’orienter vers un autre thérapeute, ou continuer ensemble. Elle a choisi de rester.
La relation thérapeutique n’est pas une commodité. L’affinité est une partie légitime de la décision. Les patients évaluent les thérapeutes autant que les thérapeutes évaluent les patients.
L’appel de vingt minutes
Si vous allez dans un restaurant que vous n’avez jamais visité, vous ne demandez pas au chef une entrée gratuite pour évaluer si vous êtes prêt à payer le plat principal.
La première séance est cette entrée. C’est à cela que sert l’évaluation.
« La première séance ne consiste pas à vous expliquer à vous-même. Il s’agit pour nous deux de découvrir si nous pouvons travailler ensemble. Je ne vous prendrai pas dans ma pratique si je ne suis pas la bonne personne pour vous. Et vous ne devriez pas rester si je ne le suis pas. L’affinité compte. L’honnêteté compte davantage. » , Philippe Jacquet
Après la première séance
La chose la plus importante est de savoir si quelque chose semblait possible. Pas certain, pas confortable, possible.
Prendre rendez-vous avec Philippe Jacquet, psychothérapeute et analyste jungien, Londres.