Psychothérapeute intégratif & analyste jungien · 25 ans de pratique

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La crise de la cinquantaine : mythe ou réalité ?

Mythe ou réalité ? Réalité. Le grand cliché, la voiture de sport, la fuite en avant, a certes été gonflé par Hollywood. Mais derrière l’image se trouve une transition existentielle réelle, bien documentée, qui s’exprime différemment chez chacun.

Elle a ses raisons. Des facteurs biologiques, d’abord : les changements hormonaux, l’énergie qui diminue, les signes de l’âge qui ne se laissent plus ignorer. L’étape de vie, ensuite : on est au sommet de sa vie professionnelle, et de là, on ne peut que redescendre ; la fin de la vie professionnelle devient visible. Beaucoup se trouvent pris en étau, soutenant à la fois leurs enfants et leurs parents vieillissants. Puis les enfants partent, et il faut repenser sa vie, jusqu’à la taille de la maison, jusqu’à ce que l’on veut encore poursuivre. On a le sentiment net que la première partie de la vie est terminée, et l’on se met à s’inquiéter de ce qu’on laissera, et de ce qui reste de ses rêves.

Comment elle se présente

Les personnes qui viennent me voir à cette période arrivent rarement en nommant une crise. Elles arrivent insatisfaites, fatiguées, irritables, avec cette question : où en suis-je ? La vie continue comme d’habitude, et pourtant quelque chose ne porte plus.

La nostalgie, et le fantasme du grand changement

Beaucoup viennent avec une nostalgie de leur jeunesse. Ils ont travaillé si dur, et, à leurs propres yeux, gaspillé leur vie à accumuler de l’argent ; et soudain, ils voudraient utiliser cet argent pour racheter leur jeunesse. C’est aussi l’âge des grands fantasmes de changement de carrière. Je vois des banquiers qui ont passé trente ans à accumuler, et qui trouvent leur vie vide de sens : ils veulent faire quelque chose de plus signifiant, de plus incarné, de plus spirituel, devenir professeur de yoga. Il y a beaucoup de gens qui ont eu une vie professionnelle brillante et qui, soudain, veulent tout autre chose. À cela s’ajoutent les déplacements relationnels : les enfants, les parents qui vieillissent, les variations d’un long mariage. Toutes ces étapes de vie se conjuguent pour créer cette période.

Le vrai travail : faire le deuil des rêves

Quand ces personnes viennent me voir, une grande partie du travail est un travail de deuil. Le deuil des rêves, des objectifs, des attentes. Certains sont très heureux de ce qu’ils ont accompli, d’autres sont déçus ; mais tous ont besoin de faire ce deuil, pour devenir capables de faire quelque chose avec ce qui est.

Et ensuite, tous ont besoin du même mouvement, celui dont j’ai parlé ailleurs : revenir chez soi, en soi-même. Cesser de s’identifier à ce qu’on a fait, et commencer à intérioriser qui l’on est devenu. Trouver un sens différent pour la suite de la vie, un but différent, une énergie différente, pour pouvoir porter le reste du chemin. La cinquantaine bien traversée n’est pas un naufrage : c’est le moment où l’on cesse de racheter sa jeunesse pour commencer, enfin, à habiter son âge.

Le deuil que personne ne nomme

C’est la partie que l’on manque presque toujours, et c’est pour cela que ce passage est si souvent mal traversé.

La crise de la cinquantaine est un deuil. Pas au sens figuré.

Quelque chose meurt réellement, et ce n’est pas la jeunesse, ou pas seulement. Ce qui meurt, c’est une version de soi : celle qui allait encore faire les autres choses. L’homme qui aurait pu jouer sérieusement, monter l’entreprise plutôt que diriger un service, partir vivre ailleurs. La femme qui aurait pu avoir un autre enfant, ou le premier. Ce n’étaient pas des fantaisies. C’étaient des possibles, un soi s’était organisé autour d’eux, et quelque part entre quarante-cinq et cinquante-cinq ans ils cessent d’être disponibles.

Personne n’enterre cette personne-là. Il n’y a ni rituel, ni reconnaissance, ni autorisation de faire son deuil, parce que vu de l’extérieur il ne s’est rien passé. Le travail va bien. Le couple va bien. Personne n’est mort.

Mais c’est un vrai deuil, et il se comporte comme tel. Il produit l’aplatissement, l’irritabilité, les larmes pour une broutille, la perte d’intérêt pour ce qui fonctionnait, et ce sentiment très net d’être un étranger dans sa propre vie. Ce ne sont pas les signes d’un défaut de caractère. C’est un endeuillement qui se présente sans objet que quiconque puisse reconnaître, y compris celui qui le traverse.

Et parce qu’il n’est pas reconnu comme un deuil, il n’est pas fait. Il est agi à la place. La liaison, la démission, la moto, le départ soudain : ce sont presque toujours des tentatives d’annuler la perte plutôt que de la pleurer. C’est précisément pourquoi le soulagement dure si peu.

La renaissance, qui ne commencera pas en premier

L’autre versant est réel, et il est bon. Les gens sortent de ce passage plus eux-mêmes qu’ils ne l’ont jamais été. C’est tout l’argument de Jung sur la seconde moitié de la vie : la tâche change, et la nouvelle vaut mieux que celle qu’elle remplace. Non plus construire une identité mais l’habiter. Non plus prouver, mais choisir.

Mais cela ne commence pas tant que la première partie n’a pas été faite.

C’est la phrase la plus importante de cette page. La renaissance est de l’autre côté du deuil, pas à sa place. Chaque tentative de sauter directement à la vie nouvelle sans pleurer l’ancienne produit le même résultat : quelqu’un qui a tout changé à l’extérieur et retrouve exactement le même vide dans le nouvel arrangement, avec un divorce et une retraite amputée en prime.

Aussi difficile que l’adolescence, avec beaucoup moins d’aide

La comparaison la plus juste pour ce passage est celle que personne ne fait : l’adolescence.

Structurellement, c’est le même événement. Une identité qui fonctionnait cesse de fonctionner. Le corps change et cesse d’être fiable. L’humeur devient volatile. Tout ce qui était réglé revient en question d’un coup. Et il existe une attirance puissante vers des décisions spectaculaires, urgentes et irréversibles.

La différence n’est pas la difficulté. C’est l’étayage.

Un adolescent en a beaucoup. Tout le monde autour de lui traverse la même chose au même moment. La culture attend la turbulence, la nomme, et fait des allocations. Et la plupart des erreurs sont réparables, parce qu’à dix-sept ans il reste du temps.

À cinquante-deux ans, rien de tout cela. Chacun autour de vous dépend de votre stabilité : c’est le rôle, et il est tenu par un crédit, un couple, une équipe, des parents vieillissants et des enfants qui ont besoin que vous ne fassiez pas ça. Il n’y a aucune permission culturelle. Il y a une plaisanterie sur les voitures de sport. Cela se traverse donc seul, largement en secret, et le plus souvent avec la conviction d’être le seul à ressentir cela.

Et les décisions ne sont pas réparables comme celles d’un adolescent. Des mariages finissent. Des entreprises se vendent. Des carrières de vingt-cinq ans se quittent en un après-midi. À cet âge, le coût d’une erreur se compte en décennies.

C’est l’argument honnête pour ne pas traverser cela seul.

En quoi elle diffère de la crise de la quarantaine

Les deux passages posent la même question de fond, mais les moteurs ne sont pas les mêmes, et le travail non plus.

À la quarantaine, la mortalité fait irruption pour la première fois et la question est encore ouverte : il reste du temps, et l’énergie va souvent vers un recommencement.

À la cinquantaine, les données ont changé. Le pic professionnel est passé ou visible, et la seule direction apparente est descendante. Les changements hormonaux sont réels, chez les femmes comme chez les hommes. Les enfants partent. Les parents vieillissent, tombent malades, meurent, et la génération qui vous précédait cesse de vous protéger de l’idée de votre propre fin. Et la question de ce qui restera devient concrète plutôt que théorique.

C’est pourquoi le travail se déplace. À quarante ans il s’agit souvent de savoir ce qui a été mis de côté. À cinquante, il s’agit de faire le deuil de ce qui n’aura pas lieu, et de trouver ce que la seconde moitié doit servir maintenant que la première a livré ce qu’elle pouvait livrer.

Pour le passage tel qu’il se présente une décennie plus tôt, voir la crise de la quarantaine.

Traverser la cinquantaine, à Londres, Paris ou en ligne

Ce travail se mène en profondeur, dans la tradition de l’analyse jungienne, qui considère cette période comme l’un des passages les plus féconds de la vie adulte. Je reçois en français et en anglais, à Harley Street à Londres, à Paris, et en visioconférence sécurisée. Voir aussi la crise de la quarantaine, et, sur l’arc entier d’une vie d’homme, La masculinité à travers une vie. Un premier entretien est confidentiel et sans engagement.

D’où que vous soyez

Une bonne partie de ce travail se fait à distance, en français, avec des francophones qui ne vivent pas à Londres. Les séances ont lieu par vidéo sécurisée, aux heures britanniques, ce qui convient à l’Europe continentale sans difficulté : Bruxelles, Genève, Luxembourg, Monaco et Paris. Si vous êtes à Londres, les séances peuvent avoir lieu au cabinet de Harley Street ou dans le centre de Londres.

Questions fréquentes

La crise de la cinquantaine existe-t-elle vraiment ?

Oui. Le cliché de la voiture de sport a été gonflé par Hollywood, mais derrière l'image se trouve une transition existentielle réelle et bien documentée : changements hormonaux, sommet professionnel d'où l'on ne peut que redescendre, départ des enfants, parents vieillissants, et la question de ce qu'on laissera. Elle s'exprime différemment chez chacun.

Quels sont les signes de la crise de la cinquantaine ?

Rarement une crise déclarée. Plutôt une insatisfaction diffuse, de la fatigue, de l'irritabilité, une nostalgie de sa jeunesse, le fantasme d'un grand changement de carrière, et cette question : où en suis-je ? La vie continue comme d'habitude, et pourtant quelque chose ne porte plus.

Quel est le travail thérapeutique de la cinquantaine ?

D'abord un travail de deuil : faire le deuil des rêves, des objectifs et des attentes, qu'on soit fier ou déçu de ce qu'on a accompli, pour devenir capable de faire quelque chose avec ce qui est. Ensuite, revenir chez soi, en soi-même : cesser de s'identifier à ce qu'on a fait, intérioriser qui l'on est devenu, et trouver un sens différent pour la suite de la vie.

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