La crise de la cinquantaine : mythe ou réalité ?
Mythe ou réalité ? Réalité. Le grand cliché, la voiture de sport, la fuite en avant, a certes été gonflé par Hollywood. Mais derrière l’image se trouve une transition existentielle réelle, bien documentée, qui s’exprime différemment chez chacun.
Elle a ses raisons. Des facteurs biologiques, d’abord : les changements hormonaux, l’énergie qui diminue, les signes de l’âge qui ne se laissent plus ignorer. L’étape de vie, ensuite : on est au sommet de sa vie professionnelle, et de là, on ne peut que redescendre ; la fin de la vie professionnelle devient visible. Beaucoup se trouvent pris en étau, soutenant à la fois leurs enfants et leurs parents vieillissants. Puis les enfants partent, et il faut repenser sa vie, jusqu’à la taille de la maison, jusqu’à ce que l’on veut encore poursuivre. On a le sentiment net que la première partie de la vie est terminée, et l’on se met à s’inquiéter de ce qu’on laissera, et de ce qui reste de ses rêves.
Comment elle se présente
Les personnes qui viennent me voir à cette période arrivent rarement en nommant une crise. Elles arrivent insatisfaites, fatiguées, irritables, avec cette question : où en suis-je ? La vie continue comme d’habitude, et pourtant quelque chose ne porte plus.
La nostalgie, et le fantasme du grand changement
Beaucoup viennent avec une nostalgie de leur jeunesse. Ils ont travaillé si dur, et, à leurs propres yeux, gaspillé leur vie à accumuler de l’argent ; et soudain, ils voudraient utiliser cet argent pour racheter leur jeunesse. C’est aussi l’âge des grands fantasmes de changement de carrière. Je vois des banquiers qui ont passé trente ans à accumuler, et qui trouvent leur vie vide de sens : ils veulent faire quelque chose de plus signifiant, de plus incarné, de plus spirituel, devenir professeur de yoga. Il y a beaucoup de gens qui ont eu une vie professionnelle brillante et qui, soudain, veulent tout autre chose. À cela s’ajoutent les déplacements relationnels : les enfants, les parents qui vieillissent, les variations d’un long mariage. Toutes ces étapes de vie se conjuguent pour créer cette période.
Le vrai travail : faire le deuil des rêves
Quand ces personnes viennent me voir, une grande partie du travail est un travail de deuil. Le deuil des rêves, des objectifs, des attentes. Certains sont très heureux de ce qu’ils ont accompli, d’autres sont déçus ; mais tous ont besoin de faire ce deuil, pour devenir capables de faire quelque chose avec ce qui est.
Et ensuite, tous ont besoin du même mouvement, celui dont j’ai parlé ailleurs : revenir chez soi, en soi-même. Cesser de s’identifier à ce qu’on a fait, et commencer à intérioriser qui l’on est devenu. Trouver un sens différent pour la suite de la vie, un but différent, une énergie différente, pour pouvoir porter le reste du chemin. La cinquantaine bien traversée n’est pas un naufrage : c’est le moment où l’on cesse de racheter sa jeunesse pour commencer, enfin, à habiter son âge.
Traverser la cinquantaine, à Londres, Paris ou en ligne
Ce travail se mène en profondeur, dans la tradition de l’analyse jungienne, qui considère cette période comme l’un des passages les plus féconds de la vie adulte. Je reçois en français et en anglais, à Harley Street à Londres, à Paris, et en visioconférence sécurisée. Voir aussi la crise de la quarantaine, et, sur l’arc entier d’une vie d’homme, La masculinité à travers une vie. Un premier entretien est confidentiel et sans engagement.
Questions fréquentes
La crise de la cinquantaine existe-t-elle vraiment ?
Oui. Le cliché de la voiture de sport a été gonflé par Hollywood, mais derrière l'image se trouve une transition existentielle réelle et bien documentée : changements hormonaux, sommet professionnel d'où l'on ne peut que redescendre, départ des enfants, parents vieillissants, et la question de ce qu'on laissera. Elle s'exprime différemment chez chacun.
Quels sont les signes de la crise de la cinquantaine ?
Rarement une crise déclarée. Plutôt une insatisfaction diffuse, de la fatigue, de l'irritabilité, une nostalgie de sa jeunesse, le fantasme d'un grand changement de carrière, et cette question : où en suis-je ? La vie continue comme d'habitude, et pourtant quelque chose ne porte plus.
Quel est le travail thérapeutique de la cinquantaine ?
D'abord un travail de deuil : faire le deuil des rêves, des objectifs et des attentes, qu'on soit fier ou déçu de ce qu'on a accompli, pour devenir capable de faire quelque chose avec ce qui est. Ensuite, revenir chez soi, en soi-même : cesser de s'identifier à ce qu'on a fait, intérioriser qui l'on est devenu, et trouver un sens différent pour la suite de la vie.