Analyse Jungienne

Le travail sur l'ombre

Le travail sur l’ombre est la pratique qui consiste à ramener à la conscience ce que nous avons appris à ne pas être. Ce n’est pas une méthode unique ni un protocole standardisé, mais une manière de travailler issue de la psychologie analytique de Jung.

L’ombre n’est pas seulement ce que nous avons de pire. C’est tout ce qui n’a pas trouvé sa place dans l’image que nous devions présenter : la colère qu’il fallait taire, l’ambition qu’il valait mieux dissimuler, mais aussi la tendresse, le jeu, la capacité de recevoir.

D’où vient ce qui a été mis à l’écart

Un enfant apprend très tôt ce qui est accueilli et ce qui coûte cher. Il préserve son appartenance en s’identifiant à ce qui est acceptable, et en reléguant le reste hors du champ de la conscience.

Ce qui est exclu ne disparaît pas pour autant. Cela reste disponible sous forme d’émotion, de rêve, de symptôme, de réaction corporelle, ou de ce schéma relationnel qui se répète sans qu’on comprenne pourquoi.

Ce que le travail demande réellement

  • Remarquer les réactions disproportionnées, les siennes comme celles qu’on suscite
  • Distinguer ce qui appartient à la situation de ce que la situation vient toucher
  • Rester avec des sentiments que la persona a étiquetés inacceptables
  • Prêter attention aux rêves sans les traiter comme des oracles
  • Examiner l’écart entre qui nous nous présentons être et qui nous nous vivons

Ce que les gens trouvent

La plupart des personnes commencent en s’attendant à découvrir quelque chose de honteux. Ce qu’elles trouvent le plus souvent, c’est quelque chose dont elles avaient besoin.

La sensibilité écartée comme faiblesse se révèle être une intelligence émotionnelle. La colère qu’il fallait contenir contenait une capacité à poser des limites. L’envie, quand on cesse d’en avoir honte, désigne assez précisément ce que l’on n’a jamais osé vouloir.

Trois choses que le travail sur l’ombre n’est pas

Ce n’est pas une autorisation. Reconnaître une impulsion n’est pas la mettre en acte. L’intégration consiste précisément à trouver une forme éthique à une énergie, non à s’en servir comme excuse.

Ce n’est pas une explication de tout. Une réaction forte est un indice, pas une preuve de projection. L’autre personne peut réellement être injuste, ou dangereuse. Le travail sur l’ombre ne remplace jamais l’épreuve de réalité ni les limites qu’il faut poser.

Ce n’est pas une performance. La profondeur ne se mesure pas à l’intensité. Une petite observation juste vaut mieux qu’une interprétation spectaculaire.

Le cahier d’exercices, en libre accès

Téléchargez le cahier. À la rencontre de l’ombre est un cahier de travail en huit modules, conçu pour être utilisé entre les séances de psychothérapie. Il contient un cadre de sécurité, un journal des déclencheurs sur deux semaines, une enquête sur la projection qui commence par demander si l’autre personne est réellement nuisible, des modules sur l’ombre dorée et sur l’ombre collective, et un répertoire de questions. Téléchargez-le librement (PDF). Sans inscription et sans adresse e-mail : c’est un cadeau.

Quand le faire accompagné

Un cahier ne voit pas ce que vous avez évité. Le travail sur l’ombre peut réveiller de la honte, du chagrin, des souvenirs traumatiques ou des phénomènes dissociatifs, et c’est précisément dans ces moments qu’une présence clinique compte.

Si vous traversez une période difficile, ces lignes sont gratuites : le 3114 en France et le 143 en Suisse, tous deux 24h/24. En cas d’urgence, le 112 partout en Europe.


En lien : Qu’est-ce que l’Ombre en psychologie ? et Le travail sur l’ombre : introduction jungienne

Prendre rendez-vous avec Philippe Jacquet, psychothérapeute et analyste jungien, Londres.

Philippe Jacquet est psychothérapeute et analyste jungien basé à Londres avec plus de 25 ans d'expérience clinique. En savoir plus sur ce service →