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Winnicott était un psychiatre britannique et un psychanalyste qui a apporté un bol d’air frais à l’orientation psychanalytique par ses théories concernant le vrai soi, le faux soi, les objets transitoires et le jeu comme outil de développement. Un disciple de Melanie Klein, Winnicott a trouvé rapidement sa propre voix et son indépendance à travers son tuteur spirituel, devenant un psychanalyste renommé et même l’une des figures représentatives de la Société Psychanalytique britannique, également appelée le groupe Indépendant. Winnicott a écrit de nombreux livres et publications, l’intérêt pour ses idées est resté très élevé, même dans le contexte psychanalytique contemporain (Shapiro, 1998).

CONCEPTS PRINCIPAUX ET CONTRIBUTIONS :

Le vrai et le faux soi : selon Winnicott, les gens développent deux types de soi depuis leurs débuts dans la vie.

Le vrai soi est ressenti comme un état d’intégrité, de connectivité et de spontanéité, étant alors le véritable soi.

Les gestes de l’enfant qui viennent spontanément (un rire spontané, par exemple) sont les preuves du vrai soi. Ce type de soi se développe dans l’interaction avec la mère (ou la personne qui donne des soins) et il compte lourdement sur la disponibilité de la mère et sur sa réactivité. Comme avec d’autres orientations psychanalytiques, la présence de la mère est essentielle, tout comme son niveau d’attention envers son enfant en bas âge.

Le faux soi représente une construction de l’enfant qui a pour rôle, au départ, de défendre le vrai soi. Il se manifeste par n’importe quel geste artificiel, comportement ou attitude où l’enfant s’engage à maintenir une relation avec sa mère. Ainsi, des comportements tels que le fait d’être poli et de respecter les règles parentales sont les preuves du faux soi. L’existence du faux soi est normale et nécessaire pour le développement de la santé individuelle (sans cela, tout le monde agirait selon ses propres jugements et la vie individuelle et sociale en général deviendrait chaotique). Cependant, il y a une forme malsaine du faux soi, qui se manifeste lorsque les intentions et le besoin de conformité sont plus importants que le besoin d’adaptation dans une certaine situation. Les individus extrêmement dociles (avec un faux soi malsain) sont le plus souvent ceux qui n’ont jamais surmonté leur dépendance envers leur mère ou leur figure maternelle. Ils sont généralement des individus agités, qui ont des difficultés à se concentrer, sont instables et indécis.

Objet transitoire : afin de se développer en tant que personnes indépendantes, les individus doivent commencer à explorer le monde qui les entoure et par eux-mêmes, afin de parvenir au fait qu’ils ne sont plus constamment avec leur mère. Ainsi, à partir de l’âge de 4 à 6 ans, les enfants commencent à adopter des objets pour remplacer la présence maternelle lorsque leur mère n’est pas à proximité (Winnicott, 1953).

Des jouets aux couvertures, de tels objets qui rappellent leur mère deviennent importants pour les enfants et commencent à occuper une place dans leur vie en tant qu’objets d’attachement. De cette manière, les enfants apprennent à faire la différence entre le soi et le non-soi. En même temps, ils commencent également à voir leur mère comme une relation d’objet et apprennent à différencier le moi-même des autres.

Jouer : Intéressé par le développement de la personnalité, Winnicott a étudié les jeunes enfants pendant longtemps et en a conclu que jouer n’est pas seulement une activité qui occupe le temps et permet aux enfants d’échapper aux pleurs. Pour les enfants, jouer représente une méthode divertissante tout autant qu’un apprentissage. En manipulant des objets, ils expérimentent et rassemblent des connaissances sur le monde qui les entoure. Au fil du temps, leurs jeux deviennent plus complexes et, en dehors des scénarios qu’ils jouent, ils peuvent recréer l’environnement qui les entoure et reproduire les modèles comportementaux.

PSYCHOTHÉRAPIE :

Les contributions de Winnicott à la thérapie psychanalytique sont remarquablement modernes. En se basant sur ses théories sur le soi, il considère que le cabinet du psychanalyste doit être un endroit chaleureux et amical où le patient se sentira accepté et encouragé à découvrir son vrai soi. Selon Winnicott, le patient est le seul à avoir la réponse à ses problèmes (Winnicott, 1969). À travers une présence encourageante, chaleureuse et positive de la part du psychanalyste, une présence que le patient aurait pu manquer de la part de sa mère pendant son enfance, il peut se débarrasser des masques du faux soi et véritablement devenir lui-même.

Pour conclure, l’idée du jeu pendant la thérapie, une approche initiée par Melanie Klein et développée par Winnicott, devient un véritable instrument thérapeutique, où Carl Rogers encourage ses clients à s’exprimer par le jeu, à apprendre par le jeu et à l’utiliser implicitement comme une méthode de guérison.

RÉFÉRENCES :

Shapiro, E. R. (1998). Images en Psychiatrie: Donald W. Winnicott, 18961971 . Journal américain de Psychiatrie (Association Psychiatrique Américaine) 155 (3): 421.

Winnicott, D. (1953). Objets transitionnels et phénomène transitionnel, Journal international de Psychoanalyse, 34:89-97

Winnicott, D.W. (1969). L’utilisation d’un objet, Journal International de Psychoanalyse, 50:711-716

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